Des films

Plus je t'embrasse, plus j'aime t'embrasser dit la chanson.
Avec Paul Thomas Anderson, c'est pareil. Plus je le découvre et plus j'aime le découvrir.


J'ai commencé par Magnolia. Film chorale pour employer un terme à la mode. Des destins se croisent, des hommes s'agitent, vivent, meurent, aiment, se déchirent, se redressent, une pluie de crapeaux s'en mêle. Ca respire d'humanité grouillante, assez lyrique, vue de loin avec une musique qui couvre presque les murmures de ces fourmis qui tentent de se faire Hommes.
J'y ai découvert Julianne Moore, brillante, qui interprète une femme déchirée par la honte, un personnage profondément touchant.










Puis une amie m'a parlé de Punch drunk love. Ça m'a donné envie de le voir et je n'ai pas été déçue. C'est l'histoire d'un homme étouffé par l'amour des siens. Etrangement absent de sa vie, comme flottant, il reprend pied sur terre en voyant débarquer de nulle part... un harmonium !





Du coup j'ai acheté le DVD de Boogie Nights sans avoir aucune idée de ce qu'était ce film. Franche rigolade. C'est l'histoire d'une star du porno dans les années 70. Encore une floppée de personnages improbables et attachants. Bien au delà du jugement, Paul Thomas Anderson  dévoile les bassesses et les grandeurs de ses personnages. Humain, quoi...



Le petit dernier est sorti sur les écrans il y a peu. Ca va saigner promet le titre. There will be blood. Et on n'est pas déçu. L'histoire d'un homme qui construit sa fortune autour de l'extraction du pétrole et termine déshumanisé par son obsession.





Paul Thomas Anderson aime ses personnages. Il les observe avec compassion. Avec humanité. Et ça nourrit l'âme...


Tiens, je me demande au passage : est-ce que Paul Thomas est de la famille de Wes Anderson ?
Deux cinéastes du même nom, de la même génération qui travaille tous les deux sur le thème de la famille, qui développent tous deux un ton personnel... Affaire à suivre.

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Eh bien non, j'ai vérifié, Wes Anderson n'a aucun lien avec Paul Thomas Anderson, si ce n'est que j'aime leur cinéma à tous les deux.

Avec Wes Anderson, on est en famille. Ses personnages sont des fratries, des parents hauts en couleur, foutraques, irresponsables et attachants. Le père est régulièrement fuyant voire totalement absent. La mère, souvent distante, vaque à ses petites occupations personnelles, visiblement passionnantes. Les enfants livrés à eux même dans un environnement riche et stimulant font ce qu'ils peuvent, une fois devenus grands (on n'ose pas dire adultes), avec leurs névroses, leurs angoisses. Ils cherchent souvent les parents qui ont manqué à leurs jeunes années. Ils appréhendent l'idée de devenir pères à leur tour.
Pour finir, il y a l'adoption, l'enfant qui s'invite dans une famille autre que la sienne, dans un milieu social différent. Autobiograpique ? Le jeune Wes s'est-il tapé l'incruste chez les Wilson, les trois frères comédiens (Owen, Luke et Andrew) qui apparaissent  systématiquement dans ses films ?




Ce pourrait être dramatique mais Wes a choisi une mise à distance teintée d'ironie chaleureuse. Le ton est grave et burlesque à la fois, entre tragédie et comédie. Les personnages sont stylisés par des caractéristiques prononcées limite obsédantes. Un peu dingues quoi, et ça fait sourire. Ici pas de pathos, le réalisateur a choisi de montrer que l'humour est l'élégance du désespoir. C'est la vie.

L'esthétique des films souligne ce décalage, cette mise à distance du réel. On se croirait dans une BD. Les couleurs flirtent avec le kitsch des années 70, les costumes, ma foi, je vous laisse regarder ;o)
Les décors reprennent le principe des jeux pour enfants où l'on voit une maison en coupe pour mieux se balader de pièce en pièce (voir le train du Darjeeling ou le sous-marin de la Vie aquatique).

Wes Anderson, un adulte à la recherche de l'enfance perdue ?
Wes Anderson sur Wikipedia
Un petit jeu Wes Anderson, fan des Beatles ?




FILMOGRAPHIE

Fantastic Mister Fox (09)
Sortie prévue en décembre 2009. Un film d'animation (des marionnettes prenant vie image par image) tiré de Fantastique Maître Renard, de Roald Dahl,


A bord du Darjeeling Limited (07)                                      La vie aquatique (04)













La Famille Tenenbaum (01)                                               Rushmore (98)



Bottle Rocket (96)







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Je vous propose un petit jeu à base d'indices Beatlemaniaques dans les films de Wes Anderson.

Je commence :
• Le Hey Jude qui accompagne la séquence d'introduction de La famille Tenenbaum
• Le yellow du train de Darjeeling Limited
• Le submarine de la vie aquatique
• La présence de l'Inde dans les films de Wes comme dans la vie des Beatles.
• La moustache à la Georges Harrisson de Jason Schartzman (Jack dans Darjeeling Limited)

Je n'ai pas encore vu Rushmore et Bottle Rocket, ça ne saurait tarder. Je garderai l'oeil et l'oreille ouverts, à la recherche des indices Beatlemaniaques...

N'hésitez pas à compléter en laissant un commentaire !



Wes Anderson par Pierre Wetzel



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